Arthrose de l’épaule
Description de la pathologie
L’arthrose de l’épaule, ou omarthrose, correspond à l’usure progressive du cartilage de l’articulation située entre la tête de l’humérus et la glène de l’omoplate. Le cartilage s’amincit puis disparaît, les surfaces osseuses frottent l’une contre l’autre, se déforment et des excroissances osseuses (ostéophytes) apparaissent.
On distingue deux formes principales :
- L’omarthrose centrée (primitive) : le cartilage s’use alors que les tendons de la coiffe des rotateurs sont intacts. Elle survient le plus souvent après 60 ans.
- L’omarthrose excentrée : elle est la conséquence d’une rupture large et ancienne de la coiffe des rotateurs. La tête de l’humérus n’est plus centrée, elle remonte et vient frotter sous l’acromion.
Plus rarement, l’arthrose est secondaire à une fracture, à des luxations répétées, à un rhumatisme inflammatoire (polyarthrite rhumatoïde) ou à une nécrose de la tête de l’humérus.
Les symptômes
- Douleur de l’épaule, d’abord lors des efforts, puis au repos et la nuit.
- Raideur progressive : difficulté à lever le bras, à se coiffer, à passer la main dans le dos.
- Craquements et sensations d’accrochage lors des mouvements.
- Perte de force et gêne dans les gestes du quotidien (habillage, toilette, conduite).
- Évolution par poussées douloureuses, entrecoupées de périodes plus calmes.
Les examens à avoir
Le diagnostic repose sur l’examen clinique (mesure des mobilités, testing des tendons de la coiffe) et sur la radiographie.
Les examens complémentaires sont :
- Radiographies de l’épaule (face et profil) : elles suffisent au diagnostic en montrant le pincement de l’articulation, les ostéophytes et la déformation de la tête de l’humérus.
- Scanner ou arthroscanner : il précise l’usure et l’orientation de la glène, le capital osseux et l’état des muscles de la coiffe. Il est indispensable avant une chirurgie et permet une planification en 3D de la prothèse.
- IRM ou échographie : elles peuvent être demandées pour analyser les tendons de la coiffe des rotateurs.

Les traitements
Le traitement médical
Il est toujours proposé en première intention. Il ne fait pas repousser le cartilage mais permet souvent de soulager durablement les douleurs.
Ce traitement inclut :
- Antalgiques et anti-inflammatoires : lors des poussées douloureuses.
- Adaptation des activités : éviter le port de charges lourdes et les gestes répétés bras en l’air.
- Rééducation : kinésithérapie douce pour entretenir les mobilités et la musculature, complétée par des auto-exercices.
- Infiltrations : corticoïdes, acide hyaluronique ou PRP, réalisées sous contrôle radiographique ou échographique.
Le traitement chirurgical
Lorsque la douleur et la gêne restent importantes malgré un traitement médical bien conduit, la mise en place d’une prothèse d’épaule peut être proposée. Le choix de l’implant dépend de l’état des tendons de la coiffe des rotateurs :
- Prothèse totale anatomique : elle reproduit l’anatomie normale de l’épaule. Elle est indiquée lorsque la coiffe des rotateurs est intacte.
- Prothèse totale inversée : elle est indiquée lorsque la coiffe est rompue ou non fonctionnelle. Elle permet de lever le bras grâce au muscle deltoïde.
L’intervention est planifiée à partir du scanner et se déroule sous anesthésie générale associée à une anesthésie loco-régionale, au cours d’une hospitalisation courte. Le bras est ensuite maintenu dans une écharpe pendant quelques semaines et la rééducation débute précocement.
La récupération se fait progressivement sur 3 à 6 mois. La prothèse permet dans la grande majorité des cas de faire disparaître les douleurs et de retrouver une mobilité suffisante pour les gestes de la vie quotidienne.